Red Money « Shake, Burn and Love »

Après un premier album très prometteur (“Chase Me”chroniqué ici même), le duo parisien Red Money a tracé sa route sur le chemin tortueux du rock’n’roll. Entre tournées DIY et road trip enivrant, Laure et Arnaud ont baladé leur blues garage, se sont salis les mains, la voix et les santiags, de Paris à Nashville. Trois ans plus tard, ils ont eu la bonne idée de poser leur valise chez Andrija Tokic (producteur notamment des excellents Alabama Shakes ou encore de la country girl Margo Price), qui leur ouvre la porte de son studio 100% analogique (Bomb Shelter). Et autant le dire tout de suite, Tokic a tout compris.

Le producteur leur a mijoté un son brut, ultra roots, écrin de d’authenticité et de sensualité sauvage. Les guitares bluesy de Laure sonnent graves, heavy et crunchy complètement dans l’esprit 70’s, la batterie d’Arno, bien mise en avant, fracasse tout sur son passage. Vocalement, Laure a lâché la bride pour mieux cracher son venin, sans jamais perdre sa sensualité sombre et moite.
L’album oscille entre brûlots d’énergie brute (“Come Back”, “Lies”) ballades blues hantées piquées au Gun Club (“Henry Teardrop”, “Bones Are Shakin’”, “Shades of Sorrow”), rockabilly endiablé (“Sickman”, “Watch Out Ladies” où Laure joue la Janis Martin déjantée), et même un passage psyché (“Over My Head”). L’ajout de nappes d’orgues apporte une belle touche 70’s planante au son déjà hanté du groupe.

Red Money joue ici dans la cour des grands, sur la terre de ses ancêtres du rock’n’roll. Le duo balaye ses influences avec élégance et beaucoup de respect. Laure et Arno joue la musique qu’ils aiment, qui les fait vivre et s’aimer, leur donne envie de mordre la poussière, de prendre la route et de nous emmener un peu plus loin, dans ce désert aride et sensuel qui leur colle à la peau. Un voyage authentique, charnel et endiablé.

Red Money « Shake, Burn and Love« , 4Play Music/Differ-Ant 2018

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