White Lung « Deep Fantasy »

C’est quand même pas tous les jours qu’un label aussi trendy que Domino (The Kills, Anna Calvi, Clinic, Franz Ferdinand entre autres…) s’intéresse à un groupe aussi radical que White Lung, combo ultra punk canadien sans concession. La faute sans doute à la caution féminine de l’affaire (trois filles et un garçon aux manettes) dont une front woman obsédée (ou possédée) par Courtney Love période Pretty On The Inside. Car même dans l’éthique punk, de jolis minois, c’est tout de même plus vendeur qu’une bande de gars mal rasés suintant la bière. On en est là. Ou presque.

Mais qu’est-il arrivé à Brody Dalle ?

Il fut un temps où Brody avait la classe. Icône punk des teigneux Distillers, c’était un peu la petite soeur cachée de Courtney Love. Avec cette voix de tigresse débraillée, passée sous le rouleau compresseur de la dope et l’alcool, en l’espace de trois albums brillants joués à cent à l’heure par une bande de californiens musclés, elle nous avait montré à quel point le rock peut être brûlant lorsqu’il est interprété par une fille qui en a sous le pantalon.

Paulo Transpire « J’arracherais bien »

Pas toujours facile d’assumer sa part de rock’n’roll quand on choisit l’option en français dans le texte. Pas toujours facile de sonner juste, vrai, avec la poésie brut que le rock’n’roll vous impose, sans tomber dans les fameux clichés de la « chanson » (un joli mot pour ne pas en dire un autre…). Tant de groupes se cassent les dents (mais semblent pourtant plaire à la foule), que ça en devient carrément lassant.

Dans l’exercice de style, les quatre filles de Paulo Transpire s’en sortent plutôt bien en déclinant une poésie androgyne décalée sur des riffs sous influence Gun Club (le très bon « Corinne »). Petites tranches de vie, petites tranches de filles (tous les morceaux portent un prénom féminin…), parfois punk