Mais qu’est-il arrivé à Brody Dalle ?

Il fut un temps où Brody avait la classe. Icône punk des teigneux Distillers, c’était un peu la petite soeur cachée de Courtney Love. Avec cette voix de tigresse débraillée, passée sous le rouleau compresseur de la dope et l’alcool, en l’espace de trois albums brillants joués à cent à l’heure par une bande de californiens musclés, elle nous avait montré à quel point le rock peut être brûlant lorsqu’il est interprété par une fille qui en a sous le pantalon. D’abord mariée à Tim Armstrong de Rancid, elle est aujourd’hui malheureusement plus connue du grand public pour être l’épouse de Josh Homme (un peu comme Courtney en son temps…). Ironie du sort donc qui montre que notre société a encore de sérieux problèmes question égalité des sexes (on préfère présenter les femmes dans l’ombre de leur mari). Certes M. Homme est un peu plus prolifique que sa femme (mais pas toujours pour le meilleur), mais Miss Brody lui a entre temps donné tout de même deux beaux enfants (Camille et Orrin). Et je peux vous le dire, ça prend du temps !

Depuis le dernier Distillers (« Coral Fang » en 2003 déjà), Brody avait sorti un projet certes plus apaisé, (« Spinnerette en 2009) mais clairement moins passionnant. Malgré quelques bons titres sur cet album, on sentait déjà Brody un peu paumée entre un rock un peu trop propre sur lui et un manque d’inspiration évident.

On en vient donc à cet affligeant album solo (« Diploid Love ») dont je ne comprends ni l’intérêt, ni le sens. Des guitares bêtement punks se mêlent à des arrangements douteux et de mauvais goûts (« Underworld »), on s’ennuie ferme à l’écoute de ces morceaux inhabités inspirés 80’s (« Dressed In Dreams », « Carry On ») complètement indignes d’une chanteuse de cette trempe. Outre l’inspiration Brody semble avoir également oublié son batteur, ici remplacé par une hideuse boîte à rythme. Mais difficile de faire du rock’n’roll les amis, sans la chaleur, la frappe et le pied d’un vrai batteur digne de ce nom. Les machines ont beau faire ce qu’elles veulent, elles n’ont à mon sens jamais encore remplacé tout ça. Bref il y a comme un malaise. Comme une contradiction. Un contre sens total entre cette voix rageuse capable de petits exploits et ces morceaux mollassons vides de sens et d’envie. A peine sauvé par un petit hit bon pour les radio (« Don’t Mess With Me »), voilà un album que les fans de Brody doivent vite, très vite oublier…

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1 Commentaire

  1. et si elle avait juste voulu changer ? avec l’age (encore lui ^^) on veut évoluer musicalement ça arrive chez certains artistes et d’autres qui ne le sont pas aussi (heureusement). Elle n’allait pas refaire du Distillers. J’ai écouté cet album et honnêtement il m’a fait dire ‘y’a du Josh Homme la d’dans’ en même temps un peu normal, le mari a du mettre son nez dans l’affaire et ce n’est pas pour me déplaire. Et on peut faire un album qui ne sonne pas très punk mais le rester mentalement ;) et elle l’est tjrs crois moi ! à l’écoute de son album ça ne m’a pas choqué plus que ça, elle s’est fait plaisir et entre nous c’est le principal en zik. A partir du moment ou tu commences à vouloir faire plaisir à ton public tu es comme mort, car tu feras tjrs la même chose. En zik faut être égoïste tu fais ce que tu voudrais entendre et après les gens aiment ou pas :)

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