Red Money « Shake, Burn and Love »

Après un premier album très prometteur (“Chase Me”chroniqué ici même), le duo parisien Red Money a tracé sa route sur le chemin tortueux du rock’n’roll. Entre tournées DIY et road trip enivrant, Laure et Arnaud ont baladé leur blues garage, se sont salis les mains, la voix et les santiags, de Paris à Nashville. Trois ans plus tard, ils ont eu la bonne idée de poser leur valise chez Andrija Tokic (producteur notamment des excellents Alabama Shakes ou encore de la country girl Margo Price), qui leur ouvre la porte de son studio 100% analogique (Bomb Shelter). Et autant le dire tout de suite, Tokic a tout compris.

Rivkah « Birthdayz »

rivkah birthday

Déjà je recois un bel objet. C’est si rare de nos jours, qu’il me paraît tout de même important de le souligner. Car on aura beau dire ce qu’on voudra, rien ne remplace le plaisir de découvrir une jolie pochette au graphisme soigné, de tenir entre ses mains un disque, un vrai, qui s’écoute, qui se découvre, qui se laisse apprivoiser. On aura beau dire ce qu’on voudra, tous les Soundcloud, tous les Spotify, tous les Deezer et autre ITunes de la terre ne remplaceront jamais ce sentiment là.

C’est un bel objet donc, un disque qui représente Rivkah et son double en poupée, assortie à son écrin aux colories enfantines, le tout cousu avec attention. Rebecca Hasson alias Rivkah a fêté l’année dernière ses dix ans de carrière. Ce très joli album célèbre également ses quarante ans et s’avère être son enregistrement le plus abouti à ce jour.

Natalia Doco, pop chamanique venue d’Argentine

Natalia Doco

Enorme coup de coeur pour cette jeune artiste argentine qui chante un blues venu d’ailleurs avec une voix poignante, teintée de larmes et de passion. Natalia Doco est capable de délivrer une ballade incantatoire, chamanesque à souhait (“La Ultima Canciòn” terriblement envoûtante) aussi bien qu’une sucrerie reggae pop, boostée de cuivre et de rytmiques latines (“El Buen Galicho”). Mais la jolie Natalia me laisse carrément sans voix lorsqu’elle joue un folk mélancolique ancré dans la tradition saudade (“Jardìn”), avec une douceur à la fois radieuse et déchirante. Voilà une belle ensorceleuse qui a l’audace de mélanger les couleurs et les sons, la nostalgie, les amours, les chagrins, l’exil… Il y a un peu de tout ça dans le blues de Natalia Doco, un hommage délicat et précieux ancré dans la terre de ses ancêtres, avec aussi beaucoup de soleil et de joie.