Deap Vally « Sistrionix », soul sisters & rock’n’roll…

Il était temps. Voici enfin en 2013 un album de rock’n’roll, digne de ce nom, avec tout ce qu’il faut de riffs, de rage, de sexe, d’humour et d’insolence. Un album qui crache, qui rugit (de plaisir), qui envoie le bois comme il se doit et qui n’a surtout pas peur d’être malpoli.

A l’origine de ce joyeux vacarme, les deux californiennes de Deap Vally, qui après deux très prometteurs Ep (« End Of The World » et « Gonna Make My Own Money » en 2012), sortent ces jours ci leur premier album « Sistrionix ».

Alors bien sûr je vous avais déjà parlé de leur blues/heavy crasseux, mélange incestueux entre Led Zeppelin et Karen O. Un zeste de punk attitude, une pincée de grunge (les filles sont fans de Hole..) et surtout beaucoup de rock’n’roll, Lindsey et Julie envoient la sauce, armées simplement d’une guitare piquée aux Black Keys, d’une frappe à l’instinct primal et surtout d’une sacrée voix (Lindsey Troy), un peu comme si Robert Plant avait élevé sa fille au pays des riot grrl (avec l’aide d’une bonne soul sister comme Aretha Franklin…). Bref c’est violent et ça fait du bien.

Tout au long de ce « Sistrionix », on pense bien sûr aussi souvent aux White Stripes, à qui les filles ont emprunté l’esprit garage minimaliste (« Walk Of Shame », « Gonna Make My Own Money ») mais avec un groove très seventies, de bons riffs de guitare bien sales, bien gras, bien heavy (« Baby I Call Hell », « Creeplife »), et cette voix de tigresse teintée de soul qui ne respecte rien, le duo parvient finalement à s’affranchir de ses modèles un peu encombrants, et révèlent des compos carrément explosives (« Ain’t Fair », « End of The World », « Bad For My body »). Et quand le tempo ralentit (ce qui est plutôt rare), Lindsey et Julie sortent leur plus beaux atours et s’enlacent dans une ballade soul brûlante (« Six Feet Under »), en nous cachant, en bonus track, un joli gospel (« Spiritual »), histoire d’invoquer une fois de plus l’esprit d’une certaine Janis Joplin…

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