Interview de Marine Craven (Radio Suicide, badass rock’n’roll from Los Angeles, California)

Je vous avais déjà parlé de Rockett Queens, ce tout jeune groupe d’Aix En Provence, mené tambour battant par Marine Craven, jolie brailleuse nonchalante et sexy, qui pratiquait, avec ferveur et dans les règles de l’art, un rock’n’roll heavy et gouailleur, inspiré par la scène du Sunset Strip des 80’s. Un peu anachronique (mais diablement excitant) dans le paysage plutôt sage et policé de la scène rock française, on sentait déjà le groupe à l’étroit dans les carcans des productions hexagonales plutôt mollassonnes, et à l’écoute de leur très prometteur Ep « Stand Up & Shout », je n’imaginait ce groupe qu’à un seul endroit : Los Angeles, California. The place to be s’ils voulaient rencontrer le public adéquate et continuer à jouer ce genre de rock badass à la fois racoleur et sans concession.

Un peu comme si Marine et ses amis avaient entendu mes prières, et grâce à la magie des réseaux sociaux, je découvrais un an plus tard, que la miss avait mis les voiles vers Hollywood, emportant avec elle son guitariste Paul, et son précieux projet de rock’n’roll: Rockett Queens. D’Aix à L.A, il n’y avait donc qu’un pas. Impressionnée par l’audace de la belle, qui il faut bien le dire, a eu assez de cran et de courage pour quitter famille, amis, et tout ce qui va avec, pour tenter l’aventure américaine au nom du rock’n’roll, je n’ai donc cessé de suivre avec amusement, et un peu de fascination, la suite de leurs péripéties à Hollywood. Rockett Queens est devenu Radio Suicide, et la petite française ne semble pas passer inaperçue sur les scènes du Sunset Strip…

Scanners « Love Is Symmetry »

Les Scanners sont quand même courageux. A l’aise dans leur boots de rockeurs, les quatres londoniens auraient pu se contenter simplement de nous rejouer la formule magique qui avait fait le succès de leurs précédents albums (« Violence Is Golden » en 2006, et le joli « Submarine » en 2010), à savoir un post punk à la fois glacial et lumineux, emmené par une voix troublante et attachante (Sarah Daly), mariage un peu incongru entre PJ Harvey et Joy Division. Carrément dans l’air du temps donc (en témoigne la côte des groupes cold wave d’aujourd’hui tel que The XX, The Horrors ou autres Savages…), les Scanners n’avaient qu’à suivre une route déjà toute tracée et personne n’aurait rien trouver à redire.

Au lieu de ça, les londoniens ont repris les choses en main, en enregistrant et produisant eux même leur troisième album. Résultat: le groupe, libéré des étiquettes et des modes, se permet de naviguer entre les genres et les codes du rock’n’roll, en offrant un bel album, intense, singulier et attachant.

Des filles, des vidéos et du rock’n’roll…!

Bien jouissive cette petite vidéo que nous balance les californiennes de Deap Vally. Je vous avais déjà parlé de leur son heavy-bluesy hyper sexuel qui sent la sueur et la crasse. Deux filles vraiment cool et sexy qui jouent un rock’n’roll brûlant hérité de Led Zeppelin ou Black Sabbath passé sous la moulinette punk. Braillards, mal élevés et amusants, leurs titres fièvreux et dansants ne se prennent pas la tête, et ça fait vraiment du bien… Voilà donc un avant goût bien alléchant de leur album prévu le 24 juin :

Scanners, EP

Des nouvelles des londoniens de Scanners qui sortent ces jours-ci un nouvel EP intitulé « Mexico ». Emmené par le charisme chaleureux de leur chanteuse Sarah, le groupe avait déjà publié deux albums chez Dim Mak, dont l’excellent « Submarine » en 2010, qui mariait avec brio dark pop, ambiance cold wave et mélodies lumineuses. Un peu comme si Pj Harvey avait rejoint Joy Division, en embarquant avec elle une bonne partie des gars de Blur… C’était jouissif et plutôt réjouissant.

Après avoir tourné aux US et dans toute l’Europe, les Scanners ont donc repris le chemin des studios, pour enregistrer en autoproduction leur 3ème album « Love Is Symmetry », dont cet EP nous propose un joli avant goût.

« Many Reasons To Smile » de Golden Age Of Monkeys (from Rennes)

Je dois bien vous avouer un truc. Ce n’est pas toujours facile de s’auto proclamer rock critic (et de s’assumer). Surtout quand on est soi même « musicienne » (pas le cas de tous les journalistes rock) et qu’on en a vue des vertes et des pas mûres au pays des bisounours du rock parisien (« Welcome to the jungle » comme dirait l’autre…)

Bref, quand on sait un peu ce que c’est que de se prendre des vents, des râteaux, des bides, des bravo, des hourra, des « j’adore ce que vous faites », des « à poil! » et tout le tralala, on a pas forcément envie d’être vache avec son prochain. Enfin, c’est mon cas. Donc, quand je me retrouve devant un groupe, à priori fort sympathique, mais dont la sainte musique ne m’emballe pas vraiment, je me sens d’un coup quelque peu mal à l’aise. Cela m’est arrivé bien plus d’une fois depuis l’ouverture de mon blog. En général, comme je suis une chic fille (sic) je préfère prévenir la personne qui m’a contacté du risque encouru (à savoir une chronique relativement négative). Dans 99% des cas, la personne en question, un peu véxée, c’est normal, préfère retirer sa demande plutôt que de risquer voir circuler une mauvaise critique sur le net. Mais dans certains cas, comme celui des rennais de Golden Age of Monkeys, les musiciens sont bons joueurs et acceptent, bon esprit, la critique dans une optique constructive. La tâche n’en est que plus difficile pour moi…

Hulawhy: pop, fun & rock’n’roll from Paris…

Ah les années 2000…Malgré tout ce qu’on peut, parfois à juste titre, leur reprocher, elles ont tout de même permis l’émergence une nouvelle vague de filles en pétard, qui s’inspiraient autant du punk 70’s, que du garage 60’s, le tout dans un joyeux bordel post punk déglingué et carrément réjouissant. Dans le meilleur des cas ça donnait donc Yeah Yeah Yeahs ou Be Your Own Pet. Et si Jemina Pearl s’est depuis pris les pieds dans la pop un peu trop soupe au lait, je n’attend personnellement plus grand chose de la pourtant si prometteuse Karen O, mais enfin les amis, ce n’est finalement pas si grave car ces dames là ont laissé la place à leurs petites soeurs et ce n’est finalement pas plus mal.