After Marianne : Dream pop from Toulouse

After Marianne

C’est sous le soleil toulousain que naquit la formation planante After Marianne. On a parfois du mal à le croire tant ce projet mystérieux, mené par la voix aérienne de Mathilda, est empreint d’une mélancolie sombre et hivernale. After Marianne pourrait d’avantage se cacher dans les plaines arides d’Islande, derrière ses cousins pas si éloignés de Sigur Ros. Avec ces nappes de violons tremblants de froid, ces petites larmes de piano et surtout cette voix à l’esprit Dream Pop (l’ombre de Cocteau Twins, Mazzy Star ou Julee Cruise n’est jamais loin), After Marianne nous embarque immédiatement au pays trouble des rêves, tour à tour sombres et lumineux. Discret et élégant, le quator n’a pour l’instant dévoilé que deux titres envoûtants dont l’hypnotique “Marianne”, mais qui leur accorde déjà une place singulière sur la scène française.

Playlist #Winter 2016

Pin up vinyl playlist rebel girl

Je vous propose aujourd’hui de découvrir les artistes féminines qui m’ont le plus fait vibrer ces dernières semaines. De Paris à Los Angeles, de Londres à Lorient, entre folk, pop, garage, psyché, punk… Voici dix titres aux univers bien différents mais qui ont en commun une folle envie de nous embarquer dans la dimension des rêves, qu’ils soient mélancoliques, troubles ou furieux. Une chose est sûre, ces filles là n’ont pas dit leur dernier mot…

Chelsea Wolfe, « Abyss »

Chelsea Wolfe Abyss chronique cover album review doom goth folk

Une rythmique lourde et inquiétante, des brouillards de guitares fuzz salement métalliques. Au dessus de toute cette confusion, plane la voix magique et spectrale de Chelsea Wolfe, ange immaculée ou sorcière maléfique selon l’humeur. Entre folk décharné, indus dévastateur et influence doom, “Abyss”, cinquième album de l’artiste californienne est un objet glacial et captivant, qui nous plonge dans un univers terrifiant au milieu des rêves et des cauchemars d’une prêtresse désincarnée. Un peu comme si Mazzy Star flirtait avec Trent Reznor, on est captivé par la puissance évocatrice et la poésie diabolique de ce disque d’ambiance particulièrement réussi.

Lana Del Rey : Une si belle imposture…

Drôle d’époque tout de même. Où les faussaires récoltent la gloire et l’argent. Une star en carton pâte, bien déguisée en héroïne lynchienne qui plait aussi bien aux Inrocks qu’aux auditeurs de NRJ, affiche son beau minois figé. Lèvres pulpées au collagène et lifting à vingt ans. On se croirait presque dans un roman de Bret Easton Ellis tellement l’affaire semble diaboliquement ciselée. Rien n’est laissé au hasard. Calculé, rafistolé, relooké, marketé, empaqueté, projeté, vendu, emballé. Prêt à embarquer pour des millions d’exemplaires. Prêt à être gobé.

L’autre jour, un peu lasse, je me baladais avec mes enfants chez un « disquaire » bien connu et j’entends de loin ce titre de Lana Del Rey donc, « Shades Of Cool » qui ressemblait à s’y méprendre à un morceau des magnifiques Mazzy Star « California ». L’imposture est tellement belle qu’on en vient presque à apprécier le morceau gentiment dark de Del Rey alors qu’on crachait jusqu’à présent sur à peu près tout ce qu’elle représentait. C’est quand même un comble.

« The River Cry »

Vous vous souvenez peut être… Hilary Woods, cette –so cute-jeune bassiste, qui sévissait il y a dix ans déjà au sein des fougueux JJ72, jeune étalon de l’indie rock des années 2000, si vite encensé, si vite disparu dans le sillon d’un rock lyrique, enflammé et un peu gonflant. On était sans nouvelle de cette jolie petite irlandaise, qui avait (sans doute judicieusement) quitté le groupe à 22 ans pour, étudier la littérature et le cinéma, devenir mère et s’accomplir, loin des feux des projecteurs d’une petite célébrité un peu précoce (pour la blague, la miss avait été élue sexiest woman in rock en 2000 par le Melody Maker…)