The Julie Ruin « Run Fast » ou le come back de Kathleen Hanna…

On était sans nouvelle discographique de Kathleen Hanna depuis déjà presque 8 ans. Même si pas mal d’événements heureux ou malheureux (son combat contre la maladie de Lyme diagnostiquée en 2005, son mariage avec Adam Horvitz des Beastie Boys en 2006) ont parsemé ces années pas toujours roses, on était plus qu’heureux d’apprendre que la leadeuse des cultissimes Bikini Kill (puis Le Tigre) n’avait pas raccroché son costume de riot grrrl pour autant.

La preuve en est aujourd’hui avec la sortie de son nouveau projet (autrefois solo) Julie Ruin, qui après avoir publié un album en 97, devient désormais un vrai groupe (« The » Julie Ruin), avec l’aide de ses potes (notamment Kathi Wilcox de Bikini Kill à la basse et Sara Landeau à la guitare).

22 ans après le premier manifeste des riot grrrl de Olympia, Miss Hanna n’a rien perdu de sa verve féministe, son flow punk intacte méconnaissable entre tous et sa façon bien à elle d’interpeller nos sens entre rage et folie douce. Si on l’avait adulé, adoré, imité et même parfois un peu laissé tomber (après avoir « vendu » Le Tigre à Universal Records en 2004 pour l’album « This Island », un peu trop taillé pour les radios), Kathleen demeurait malgré tout « The » queen. Le symbole d’intégrité punk, engagée, féministe active et artiste complète. Bref, même lorsque Courtney Love lui foutait un pain dans la gueule au Festival Lollapalooza en 95, Hanna restait digne (« Je ne sais pas ce qui lui a pris »…).

En 2013 donc, rien ou presque n’a bougé, Hanna a grandi muri, mis un peu d’eau dans son vin. « Run Fast » sonne comme un bon mix entre ses différents projets: la rage punk de Bikini Kill (« Oh Come On »), des morceaux fun, synthétiques et dansants à la Le Tigre (« Ha Ha Ha », « Party City »), des influences 60’s (« Just My Kind », « Kids In NY »), ou new wave déglinguée façon B52’s (« Lookout », « Right Home »). Dans sa folie furieuse, Kathleen Hanna a toujours le bon sens de ne jamais oublier la pop (« Goodnight Goodbye ») et de transformer des manifestes féministes en tubes implacables (le génial « Girls Like Us »). Le tout finit même sur un très beau morceau mid tempo (« Run Fast), à la fois mélancolique et furieux. Sans doute à l’image de l’état d’esprit actuel de sa chanteuse, qui a traversé toujours la tête haute et avec classe, les modes, les genres, les épreuves et les années sans (presque) jamais rien perdre de son intégrité.

Encore une fois merci Miss Hanna!

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