Candy Flesh au Black Box Studio, review du 5eme jour

Déjà cinq jours se sont écoulés à une vitesse incroyable depuis notre arrivée au studio Black Box. Nous avons achevé les prises live des morceaux, à raison de trois ou quatre chansons par jours. Et oui, Candy Flesh ne chôme pas!

Ce qui nous a surtout frappé, dès notre arrivée, c’est l’atmosphère assez incroyable qui règne en ces lieux. Le Black Box, ancienne ferme de la paisible vallée d’Anjou, retapée en studio d’enregistrement vintage, a en effet vu passé la crème du rock indé de ces vingt dernières années. Et ça se voit. ça se sent. ça se ressent. Les vieilles pierres, la multitude d’amplis, pédales et micros vintages, la lumière douce et tamisée n’y sont pas pour rien. C’est un vértitable régal pour tout musicien qui se respecte. L’ambiance est intimiste, chaleureuse. On s’y sent immédiatement comme chez soi. Bien sûr l’accueil de l’équipe n’est pas étranger à tout cela. Nous travaillons avec Peter Deimel, et son assistant Tobias, qui a notamment enregistré Les Kills, Nina Nastasia, Anna Calvi, Last Shadow Puppets ou encore les Hushpuppies….

Il capte instantanément l’essence de notre musique et nous oriente dans le choix des amplis, des micros, pour donner à notre album ce son à l’ancienne, à la fois puissant et chaleureux que nous cherchons. Les prises sont faites en live, histoire de garder intacte l’énergie rock qui caractérise nos concerts. Le son est brut, violent. Au diable les petits défauts, imperfections, on est pas ici pour enregistrer un disque lisse et policé. Comme Peter le dit si bien, ce n’est pas le style de la maison (fondée par Peter et le regretté Ian Burgess, proche de Steve Albini, cultissime producteur qu’on ne présente plus). Il donne à notre son cette petite couleur 70’S, (Peter enregistre sur bande, en analogique), tout en utilisant avec parcimonie les technologies actuelles pour faciliter les retouches.

Mon guitariste de mari joue sur pas moins de trois amplis différents (Ampeg Gemini 2, JMI AC30 des années 60, VOX Ac30 de 73 , Hiwatt Custom 50), changeant de guitares selon les morceaux sur les conseils avisés de Peter, qui lui propose d’essayer les grattes fabriqué par son frère (qui fait notamment des guitares pour Sonic Youth) ainsi que de très belles reliques (une Jaguar de 67 par exemple…).

Pour que le tout sonne bien, il pousse les trois amplis à fond (105 décibels tout de même). Heureusement que la pièce est grande et bien isolée! Notre batteur joue dans la pièce du fond, à l’acoustique incroyable. Peter a entrepris tout un travail pour donner du gras à cette batterie, en plaçant les micros de manière assez particulière, changeant la caisse claire, pour donner au tout, un son bien vintage.

Notre bassiste, malgré sa grande taille, parait bien petit face à ses monstres d’amplis, Ampeg V4B et Ampeg SVT. Il joue à un tel volume qu’il fait trembler la vieille pierre.

Ma petite cabine de chant, à l’acoustique vraiment incroyable, est hantée par les fantômes de mes idoles. C’est intime. Chaleureux. Peter a choisi pour moi un micro vintage datant de 1947, qui prend toutes les nuances de la voix, l’enrichit, l’amplifie mais ne modifie jamais l’énergie ni l’émotion, ne cherche jamais à lisser ni embellir. Le grain est intacte, chaleureux, ça sonne incroyablement riche, profond et toujours extrêmement naturel. Je comprend mieux alors comment certains disques que j’adore (notamment Run To Ruin de Nina Nastasia qui a été enregistré ici), sonne aussi bien. Comment les voix parviennent à paraître si riches, si pleines, si chaleureuses, si émouvantes. Comme si Nina chantait là, avec sa guitare, en live, face à nous. Même si sa voix absolument incroyable n’y est pas pour rien, le placement et le choix minutieux des micros jouent un rôle absolument indéniable. J’ai enregistré « Bury » hier, un morceau acoustique, que je souhaitais faire guitare/voix, en un seul bloc, afin de ne pas modifier mon interprétation. Pour capter cette atmosphère, Peter a placé dans la cabine trois micros sur ma fidèle petite guitare acoustique, et le micro de 47 pour ma voix. Après trois prises, c’est finalement la première qui s’est avéré la meilleure (c’est souvent le cas), et le résultat (malgré quelques petits défauts que nous avons laissé, mais c’est ça qui sonne rock), m’a vraiment bluffé. ça sonne classe, bien brut, le son est ample, intime, plein de caractère qui enrichit vraiment mon petit morceau.
Aujourd’hui, ce sont les arrangements qui sont au programme. Guitares, choeurs, orgue, percussions, on a pas fini d’envoyer le rock’n’roll!
La suite au prochain épisode!
Keep in touch guys

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1 Commentaire

  1. Génial, j’ai hate d’écouter!!

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