Scanners, « Submarine », dark pop lumineuse

Formé en 2004 par le duo Sarah Daly (chant/ basse) et Matthew Mole (guitare/ choeurs), les londoniens de Scanners avaient déjà sorti un premier album prometteur sur l’excellent label DimMak (Bloc Party, Rakes…). Très vite rejoint par Amina Bates (claviers/ guitare) et Tom Hutt (batterie), le groupe aurait pu se contenter d’être l’énième « Next Big Thing », comme dirait le NME, grâce à leurs passages remarqués en première partie de Juliette and The Licks, The Horros ou Electric Six, qui leur conféraient une aura cool et branchée indéniable. Mais avec « Submarine », leur second album sorti cette année, Scanners va plus loin, élargit ses frontières en s’éloignant progressivement du post punk stricte et branché dont tout le monde raffole ces temps ci.

L’album s’ouvre sur « Jesus Saves », gentillet, efficace et dans l’air du temps, mais pas franchement transcendantal. Heureusement pour nous, Scanners enchaine direct avec les deux bombes de l’album : »We Never Close Our Eyes » et « Salvation ». A partir de là, les quatre anglais peuvent tout se permettre. « We Never Close Our Eyes » et ses choeurs féminins enchanteurs rappellent le meilleur d’Arcade Fire dans ses envolées lyriques. Sauf qu’ici, on a remplacé le sosie canadien de David Byrne par une jolie brune à la voix impeccable et classieuse, capable d’évoquer autant la mélancolie lumineuse de Hope Sandoval que la rage contenue de Pj Harvey. « Salvation », énorme titre, sauvage, sombre et délicat, doit d’ailleurs rendre folle de jalousie la reine du Dorset. La filiation est en tout cas évidente. « Baby Blue », est tout aussi prenant, Scanners y développe son lyrisme ravageur, plein de douce mélancolie pop. Des petites perles pop, d’apparence légères mais toujours bien ficelées, on en trouve à la pelle dans « Submarine »; que ce soit « Sick love » ou le joli  » A Girl Like You », qui ressemble presque à du Blur au féminin. Mais Scanners nous désarment vraiment lorsque ils s’aventurent sur les terrains minés de la dream pop dépressive et crépusculaire avec un morceau aussi sublime que « StrangeLoveHate », évanescent et délicat qui les rapproche presque des maîtres du genre (Cocteau Twins, Mazzy Star). Et en bon disciple de Joy Division, Sarah et sa bande, tirent même quelques morceaux vers le spectre de Ian Curtis ou Siouxie (« Sleepwalking Life »).

Tout en élegance et en retenue, le rock de Scanners, sensitif, sur le fil, dépressif, mais jamais déprimant, mérite vraiment qu’on s’attarde à bord de ce « Submarine » lumineux et flamboyant. Pour les découvrir en live, le débarquement à Paris est prévu le 27 mai au Point Ephémère.

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