31
oct
2010

C’est son Sex Pistols de beau père, Johnny « Rotten » Lydon, himself, qui a annoncé sur son site, la bien triste nouvelle. Ari Up, l’égérie punk des cultissimes Slits nous a quitté, à l’âge de 48 ans, des suites d’un cancer.

Ari, de son vrai nom Ariane Daniele Forster, avait baigné dès son plus jeune âge dans le milieu de la musique. Sa mère, Nora fut la petite copine d’Hendrix, de Chris Spedding, puis épousa John Lydon (et le parrain de d’Ari n’était autre que Jon Anderson de Yes). Un beau back ground, qui n’a pourtant pas forcément toujours rendu service aux Slits, premier groupe de punk féminin, que forma la petite Ariane en 1976, alors qu’elle n’avait que 14 ans.

Avec Palmolive derrière les futs, Kate Korus (puis Viv Albertine) à la guitare, Suzy Gutsy (puis Tessa Pollitt) à la basse, et bien sûr Ari Up au micro, les filles, du haut de leur 15 ans, ont tout dégommé sur leur passage, faisant passer leurs collègues punk masculins, pour un groupe de bal musette. Sauvages, irrévérencieuses, les Slits ont marqué à jamais le punk anglais de leur empreinte féministes, proposant des textes rageurs et engagés qui dénoncent les carcans machistes et incitent à la rébellion. Inventives, déjantées, Ari Up et ses copines marièrent avec brio et insolence leur amour pour la scène reggae dub et la violence brut du punk rock londonien, laissant derrière elle trois albums, dont le classique de 79, « Cut » (inoubliable pochette sur laquelle les filles, posent telles de fières amazones, les seins nus, couvertes de boue). Franchement qui serait capable de faire ça aujourd’hui?

Voilà, c’était tellement novateur, en avance sur son temps et inattendu, qu’on a appelé cela du post punk (en 79, sic…). Mais malgré leur tournée en ouverture des Clash ou des Buzzcocks, les filles, un peu trop rebelles pour le grand public ne rencontreront pas le succès planétaire de leurs grands frères, mais demeureront une référence dans le mouvement underground et pour toutes les riot grrrl en puissance. Fauchées et déprimées, les Slits ont splité en 82. Ari a quitté Londres et est parti vivre avec mari et enfant en Indonesie, puis en Jamaique, continuant sa carrière musicale avec les New Age Steppers, puis en solo, sans vraiment de succès. En 2006, Ari reforma les Slits avec Tessa Pollitt et de nouvelles recrues pour une tournée à travers le monde, à la recherche sans doute, d’un peu de reconnaissance publique.

Mal aimées mais cultissimes, les Slits, avec leur punk novateur, tribal et distordu, ont influencé un nombre incalculables de groupes et sont responsables, à elle seules de toute la vague riot grrl qui éclata dans les années 90 du côté d’Olympia. Bikini Kill, Le Tigre, Bratmobile, Babes In Toyland, Hole… toutes revendiquent l’importance de « Cut » et du message féministe et sauvage des Slits. Même au delà du punk féminin, l’influence de ces incroyables rebel girls est considérable: Bjork, Nirvana, Young Marble Giants, CSS, Missy Elliot… J’en passe et des meilleurs.

Respect Miss Ari.

un peu de nostalgie avec le « tube » des Slits, « Typical Girls »:

20
oct
2010

Frankie Rose And The Outs, le 8 décembre au Point Ephémère:

L’occasion de découvrir en live les jolies comptines dream pop de l’ancienne batteuse des Vivian Girls, passée depuis, derrière le micro. Rétro et sexy en diable!

20
oct
2010

Après avoir fait ses armes, au sein de la scène lo-fi noise de New York, dans trois excellents groupes, plutôt bien vus (Crystal Stilts, les très branchés Dum Dum Girls, et mes chouchoutes, les Vivian Girls), Frankie Rose (jolie batteuse) a délaissé ses fûts et décidé de monter son propre girls band. Dans la lignée noisy/shoegaze des Vivian (mais en plus catchy), Miss Rose prend donc le pouvoir derrière le micro, avec de jolis morceaux rêveurs (esprit dream pop) bourrés d’harmonies vocales féminines et de réverb’ de guitares fuzz.

Un peu comme si Jesus and Mary Chain rencontraient les Beach Boys, époque « Pet Sounds » (la drogue et la déprime en moins), le premier album solo de Frankie Rose and the Outs est un bel ovni à l’esprit rétro (« Don’t Tread » et son riff rockabilly déjanté façon Cramps), qui regorge de petits pépites délicieusement sucrées (le tube très Shangri-Las « Candy », ou « Little Brown Haired Girls », que n’aurait pas renié Brian Wilson). Sans jamais tomber dans l’effet « shoegaze », pompeux, qui peut parfois plomber certains morceaux du genre (en gros, quand le psychédélisme bande mou…), les morceaux de Frankie Rose, visiblement obsédée par les sixties et le Velvet Underground, bénéficient d’une production soignée et délicate, écrin de soie pour ces jolis comptines pop, évanescentes et oniriques. Car ici, pas question de masquer le manque de talent et d’idée sous une épaisse couche d’effet prétentieux. Frankie Rose, sous ses faux airs « arty », fait de la pop, de la vraie, avec un sacré talent de songwriteuse nonchalante…

Pour découvrir en live, Miss Rose, ses comptines et ses copines, rendez vous le 8 décembre au Point Ephémère à Paris (et le 29 novembre au Sonic à Lyon).

En prime, un sacré clip (c’est pas tous les jours), clin d’oeil à « Carrie » de De Palma, et au clip de « Miss World » de Hole…

18
oct
2010

Ce vendredi soir, au Nouveau Casino, c’était soirée « Custom », rendez vous mensuel de découvertes indé, organisé par les nobles Inrocks. Autant dire, ça sent la hype à plein nez…. Etant invitée pour découvrir, en live, le joyeux quatuor féminin rétro The Like,(qui passera en dernier), je suis pourtant fair play, j’arrive à l’heure, prête à me mêler à la branchitude parisienne.

On entre donc sur la pointe des pieds, au son du violoncelle du jeune américain francophile, Zach Miskin, accompagné d’un guitariste classique et d’une jolie « sampleuse » qui de déhanche derrière son Mac Book Pro. Ambiance orchestre de chambre, personne dans le public n’ose bouger, ni parler, ni respirer. Sur scène, chacun suit sagement sa partition. C’est joli, poli. très ennuyeux. Bon sang, qu’est-ce que je fais là? Comment diable, les Inrocks, peuvent-ils encore oser avoir le mot rock dans leur titre? La musique de Zach Miskin se veut « arty », expérimentale, précieuse… Et bien, je dois être sacrément insensible, mais je n’ai pu m’empêcher de bailler (et plus d’une fois) à l’écoute de ce set bourgeois, faussement moderne, qui tente désespérément, sous couvert d’une étiquette « indie folk » (Alice Lewis, vient siffloter sur deux morceaux), de nous faire passer la couleuvre d’une abominable musique de chambre à papa.

Changement rapide de plateau et le public se presse pour applaudir Yoav, seul sur scène, qui maîtrise à la perfection l’art du jamman. Ayant fait récemment l’acquisition de cette petite pédale maléfique (en gros c’est un sampler qui enregistre des boucles), je sais à quel point ce petit engin demande une technique irréprochable et un entrainement rigoureux. Pas facile donc, et sur scène, le songwriteur se voit confronter à quelques problèmes techniques. Malgré cela, le bonhomme gère. Jolie voix, guitares inventives, belle sensibilité, bref, gros potentiel que Yoav met au service…de morceaux folk bidouille-electro-dancefloor!!! Non mais que se passe-t-il donc ce soir? Désolée les amis, mais perso, je suis plus fan d’Elliot Smith que des Neptunes (et oui, je suis une fille old school), donc tout ce cirque me déçoit quelque peu. Bien sûr, le public est à fond et se dandinne au son des beats inventifs de ce songwriteur, diront-ils, audacieux, mais chez moi, ça ne le fait pas. Mr Yoav perd, d’un seul coup, tout son charme, et je n’ai envie alors que d’une seule chose: me barrer.

Heureusement, comme souvent, le girl power vient à ma rescousse, et on a enfin, du son, du vrai, avec des guitares, des vraies, un ampli VoxAC30 qui crache et une batterie qui déboite, dès l’entrée en scène des délicieuses The Like. Voilà, les Shangri Las réincarnées, avec l’esprit pop bubllegum de Blondie, dans la peau de ces 4 jeunes filles sexy et délurées, originaires de Los Angeles. Malignes, rigolotes et décalées, les filles nous emmènent dans un joyeux trip rétro, en plein coeur des sixties et du Swinging London, avec dans leur bagage, une bonne poignée de tubes pop sucrés (« He’s Not A Boy », « Wishing He was Dead », « Catch Me If You Can », « Release Me »). Pas de ballades, pas de mièvreries, ici, on est là pour danser (le twist), avec le sourire, et laisser un peu de côté la morosité de notre époque quelque peu déprimante. Des choeurs enchanteurs, un orgue (Annie) ludique et déluré, une batteuse enjouée (Tennessee) plus sexy que Meg White, une bassiste (Laena), groovie, sosie de Pj Harvey, et surtout une sacrée leadeuse, (Elizabeth), chanteuse-guitariste, voix de jeune Debbie Harry délicieusement éraillée, allure d’Edie Sedgwick en bonne santé, qui fait le show et tient fièrement la baraque.

Voilà, ça fait plaisir, c’est frais, léger, fun, sexy en diable, ça ne mange pas de pain. Et qu’importe si on dit ces filles là « pistonnées », que Liz soit la fille du producteur Tony Berg,(des filles ensemble,qui font de la bonne musique, dans ce beau monde machiste, c’est toujours suspect…). Je ne boude pas mon plaisir à l’écoute de ces morceaux entêtants, très bien ficelés, (manque un peu d’éclate instrumentale, mais qu’importe, l’esprit pop est là). Un plaisir tellement court que le public en redemande (même si une partie « branchée » de la salle a désertée après le set de Yoav…honte à eux), et on est repartie en 1967, avec une super reprise garage du ‘Let’s Spend The Night Together » des Stones. La classe les filles.

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Photos: Stéphane Dalle (galerie complète dans la section « pictures »)