Live Report, Juliette Lewis @ La Flèche d’Or, le 21 Mai


Drôle de soirée ce vendredi à la Flèche d’Or, qui commence par une file d’attente interminable (plus d’une heure), ressemblant à un défilé de bobos hippie chic sortis tout droit du dernier Vogue américain. Beaucoup de filles donc, qui se pressent pour voir en live l’égérie du cinéma indie des nineties devenue rock star sauvage. On a tellement attendu qu’on en a loupé le premier groupe qui ouvrait le bal (Free Energy). A l’arrivée, on nous a même confisqué notre appareil photo (fouille tendue) sous le prétexte que nous n’avions pas d’accréditation officielle. Argument un peu stupide par les temps qui courent. Difficile, en effet, d’empêcher les spectateurs de faire crépiter les flashs car aujourd’hui n’importe qui peut prendre des photos avec un téléphone portable ou autre gadget. (des photos qui finiront bien par se retrouver sur le net et qui seront certainement de bien plus mauvaise qualité que celles que mon guitariste de mari aurait pu prendre avec son reflex numérique). Mais passons.

On débarque donc sur le début du set de My Park, groupe électro rock (plus électro que rock d’ailleurs) à la formule accrocheuse (3 mecs, une fille sexy au chant) mais qui, je l’avoue, pratique un rock nappé de synthés modeux en surcouche, en veux-tu en voilà, qui me laisse totalement indifférente. Le public était à fond. La très jolie chanteuse n’en finissait pas de se trémousser sensuellement ce qui semblait faire son petit effet à ce public parisien déjà en transe. Pas vraiment ma tasse de thé que ce rock froid, clean et trop sexy pour être honnête.

Décidément trop de hype, ce soir là, j’ai presque envie de me barrer en courant quand ils osent, pendant le changement de plateau, nous assommer avec un Dj qui mixe d’affreuses boucles électro comme si on était à je ne sais quelle soirée de vernissage branchée. Bref c’était très mal parti. Il est bien loin le temps où la Flèche d’Or était un bon club punk.

Mais la reine de la soirée finit par pointer le bout de son nez (hystérie collective prévisible) et s’assoit ironiquement derrière la batterie pour débuter son show. On est direct scié par le charisme incroyable de ce beau brin de fille, sauvage, sensuelle, féline. Pas étonnant que Miss Lewis ait, dès son plus jeune âge, inspiré les réalisateurs les plus talentueux de son époque (Scorcese, Stone, Bigelow entre autre). Sans se reposer sur ses lauriers, Juliette Lewis se déchaîne et enchaine très vite quelques titres de son dernier album (malheureusement très inégal) dont l’apothéose est évidement son morceau blues (« Hard Lovin’ Woman ») dans lequel, en bonne fan ultime, elle se la joue Janis Joplin des années 2000. (et vous imaginez bien qu’avec sa belle voix éraillée, le rôle lui va comme un gant). S’en suivent, pas mal de morceaux pop (pas forcément les meilleurs), un de ses hits repris en coeur par le public (« Got Love To Kill ») et même une reprise plutôt décevante du classique « No Fun » des Stooges. Hélas pas de « You’re Speaking My Language », pas de « Hot Kiss », pas de « Sticky Honey », bref quasiment aucun titre de son meilleur album (« Four on the Floor », featuring Dave Grohl à la batterie!). Grosse déception donc même si les titres moyens sont sublimés en live par la prestation scénique entière, sensuelle et généreuse de Juliette qui joue son rôle à fond. En sortant de ce show un peu court (45 mn, mais on a payé 8 euros, donc ne nous plaignons pas) je ne peux m’empêcher de penser quelle dommage. Dans son rôle de Joplin/Iggy destroy et sexy, avec un bien meilleur choix de chansons et un groupe un peu plus rentre dedans (elle pourrait réemprunter Grohl à ses vaseux Foo Fighters et aux excellents Them Crooked Vultures) Juliette Lewis pourrait bien remporter un oscar…

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2 Commentaires

  1. Anonymous dit :

    Même avis que toi sur ce concert. Bien rock'n'roll mais trop de fillettes. "il est bien loin le temps où la Flèche était un bon club punk", ouais.. j'ai pas connu ce temps là moi.

  2. Un résumé rudement efficace,troublant aussi car il pourrait aussi bien décrire le concert de la demoiselle du côté de Toulouse,il y a euh, quatre ans:charisme en pagaille,voix brûlée- brûlante et mais un gros, gros manque de chansons…De temps en temps,je me repasse "Strange Days" manière de tonifier ma libido…

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