7
mar
2011

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Comme vous le savez, Candy Flesh rentrera en studio fin mars, au Black Box pour enregistrer son premier album avec Peter Deimel (Nina Nastasia, The Kills, Last Shadow Puppets, Anna Calvi…). A cette occasion, nous avons mis en place un tout nouveau site web sur lequel vous pourrez télécharger/écouter GRATUITEMENT l’intégralité de nos deux premiers disques. Ce site sera mis à jour avec le nouvel album très bientôt. Ce dernier sera lui aussi en écoute et en téléchargement GRATUIT.

ça se passe donc ici: Candy Flesh.fr

Nous sommes bien conscients qu’il est aujourd’hui difficile (voir impossible) de vivre de sa musique en étant pleinement indépendant, surtout en France, surtout quand on fait du rock. Après avoir essuyé, comme pas mal de nos confrères musiciens, pourtant très bons, les refus de la plupart des maisons de disques de notre triste contrée, nous avons décidé de nous faire plaisir et de revenir aux sources. Nous faisons de la musique pour qu’elle soit diffusé, partagé, écouté par le plus grand nombre. C’est pourquoi nous avons décidé de la partager gratuitement.

Nous ne sommes pas élitistes. Notre musique (comme on nous l’a souvent fait remarqué) ne rentre pas dans des « cases ». Nous échappons à ces maudites étiquettes qui réduisent le rock à un élément de branchitude, et le rende écoeurant. Pour moi, le rock n’est pas un accessoire. Pas une pub pour Zadig et Voltaire. Pas un truc pour briller en société. C’est un mode de vie. Une façon de penser, d’exister, qui permet de ne pas devenir complètement cinglée. C’est une façon d’être là, tout en ayant du recul. C’est une façon de regarder les choses d’un oeil nouveau. De se sentir unique et humble à la fois. C’est sourire, pleurer, respirer, pour quelque chose de vraiment grand et d’unique qui nous fait voir la vie d’une autre façon, nous fait rêver, fantasmer, enrager. C’est une façon de se sentir exister. Au delà des mots, des notes, des modes et des courants.
C’est un acte militant.

1
mar
2011

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Cela faisait déjà un bout de temps que j’avais lâché l’affaire PJ. Un bout de temps que la petite princesse du rock indé, héritière des grandes figures féminines du rock, m’avait laissé sur le bord de la route. Depuis « Uh Uh Her » en 2004, déjà en demi teinte, « White Chalk » en 2007, religieusement poussiéreux, et le très ennuyeux « A Woman a Man Walked By », en 2009, fruit de sa collaboration avec John Parish, je n’attendais plus grand chose de miss Polly qui semblait, au bout de 20 ans de carrière, avoir fait un peu le tour de son sujet.
On ne peut cependant pas reprocher à Miss Polly, durant toutes ces années, d’avoir toujours osé les expériences les plus diverses avec plus ou moins de réussites. Quand elle s’attaque au trip-hop (à l’époque de gloire des Portishead et autre Massive Attack) en 1998, ça donne le très beau « Is This Desire », album déroutant et hypnotisant qui contient quelques perles rares (« Angeline », « The River »), mais quand elle s’enferme dans sa campagne anglaise en 2007 pour écrire un album de pop poussiéreux (« White Chalk »), poussant la chansonnette, un peu trop haut perchée, comme une effrayante nonne rigoriste et frustrée, je l’avoue, j’adhère moins.

Alors à l’écoute de son dernier opus « Let England Shake », enregistré dans une vieille église anglaise, je ne peux m’empêcher d’être terriblement déçue. Cet album, aux sonorités étranges, complexes et dérangeantes, mais fondamentalement très ennuyeux, confirme bien la fin du règne de la reine du Dorset. Car Polly Jean, dans sa quête permanente d’expérimentations, qui certes, semble lui donner l’illusion de ne pas tourner en rond, a oublié l’essentiel: les chansons. On aimait chez PJ, son incroyable sens de la mélodie, de la ballade pop facile mais tortueuse. Une façon vraiment belle de se débrouiller avec les moyens du bord, de ne pas en rajouter, de jouer avec l’essentiel. Ses émotions. Sans chichi, sans fracas, PJ nous pondait des merveilles de rock abrasifs, féministes et écorché vif, à l’image de ses grandes soeurs Patti Smith et Janis . Et ça faisait du bien.

Hélas, la ténébreuse semble s’être un peu perdue en route, cherchant sans cesse de nouvelles routes tortueuses à explorer. Pas grand chose à retenir sur « Let England Shake », on y retrouve du PJ, pas au meilleur de sa forme. Du PJ sans le rock, sans l’énergie, sans la passion, sans le sang, les larmes et la fièvre qui lui collent d’habitude au corps. Polly se transforme ici en une sorte de prêtresse folk bidouille qui plait bien au bobos (la presse semble étrangement unanime sur cet album…). Ici, plus de mélodies, plus de mélodrames, Polly semble avoir oublié la leçon de ses potes les Beatles, et propose des morceaux ennuyeux, pompeux, et sans âme. Qu’a-t-elle essayé de faire? Je n’en sais rien. Un album concept sur l’histoire de l’Angleterre, ses contradictions, ses conflits? Vaste programme pour une petite chanteuse de rock, plus habituée à parler de ses conflits intérieurs…

Non vraiment, pas grand chose à sauver de cet album, où Polly chante comme Kate Bush, aussi barbante que Joana Newsom ou Cocorosie. Pas grand chose qui me fasse vibrer dans ce tas d’arrangements prétentieux, poussifs et totalement inutiles, à part cette jolie ballade toute simple, toute fraîche »The Last Living Rose ». Non vraiment, ce n’est pas cette Angleterre là qui me fait rêver. Ce n’est pas cette église poussiéreuse, moyenâgeuse et cet esprit religieusement respectueux d’un passé royal. Non , tout ça à vrai dire, me donne plutôt la nausée (plutôt une constante ces temps ci…). Si ça ne me dérange pas vraiment de voir cette bonne vieille Courtney Love s’embourber dans des arrangements californiens de mauvais goût (à vrai dire, vu le phénomène, on s’y attend, ça fait parti du folklore, c’est plutôt marrant) ça me déroute un peu plus de voir une fille aussi futée et sincère que Polly Jean retourner sa veste à la face du rock, et se prendre les pieds dans une musique aussi traditionaliste, prétentieuse, et rasoir. Alors oui, c’est sur, les bobos vont adorer. Mais si les bobos faisaient du rock, ça se saurait?