22
mar
2010

Le Tiny Terror? Ce génial et mythique petit ampli anglais de chez Orange, made in Rock’n'roll? Non, les Tiny Terrors, leur petites soeurs bordelaises qui déboulent en pétard et prêtes à en découdre avec leur premier Ep « Titi Bang Bang ». Découvertes par hasard sur Myspace , les quatre Terrors (Cindy, Leo, Lola et Agathe) déboîtent le caisson. En se réappropriant le rock’n'roll garage décalé et agressif (façon Hives) avec rage et énergie, les filles remettent à leur place tous les jeunes bobos à perfecto de la scène parisienne (on ne citera pas de nom). Car « Titi Bang Bang » contient 5 titres qui décoiffent. Sincères, fun, et violentes, les Tiny Terrors ne sont pas là pour jouer les poseuses mais bien pour envoyer le vieux rock’n'roll comme il se doit. Une voix rocailleuse (Cindy Terror) qui fait penser d’emblée à un furieux mélange entre Jennifer Finch et Nina Hagen, des guitares vintage et brutes de décoffrage (question ultime: Leo Terror joue-t-elle sur un Tiny Terror?) et une session rythmique minimaliste et efficace, les Terrors appliquent à la lettre la recette garage punk, et jouent le jeu à fond. Et ça fait plaisir! Seul petit bémol quant à l’enregistrement, leurs titres, joués dans l’urgence du punk, mériteraient peut être un traitement de son un peu plus vintage à mon goût, pour jouer plus à fond la carte du garage, un peu à la façon de leurs consoeurs parisiennes, les Fury Furyzz…

Décomplexé et cultivé, le rock des Terrors ne révolutionne certes pas le genre mais a l’avantage de ne pas se prendre du tout au sérieux. On ne peut donc que s’en réjouir, car au final, on n’en demande pas plus. Evoquant à la fois les Hives (version girl power), les Bombettes (en plus méchantes!) ou les Donnas (en plus minimaliste!), les 20 minutes urgentes de « Titi Bang Bang » sous grande influence riot Grrrl (« Her Dick ») valent le détour et nulle doute qu’en live, ça doit déménager!
Alors tenez vous prêts: la « Terror Mania » débarque de Bordeaux, ça va faire mal!!!!

myspace.com/tinyterrorsbdx

17
mar
2010


Il y a quelque temps, j’ai suivi les conseils de mon guitariste de mari en postant des topics sur des forums consacrés à la musique dite « indé » afin de promouvoir mon blog. Jusqu’ici tout va bien. Cela semblait être plutôt une bonne idée. Histoire d’accrocher le regard, j »entête mon topic « Les filles dans le rock » (sur X Silence, pour ne pas citer le site en question…), ou « Girl Power et rock’n'roll » sur d’autres (Audiofanzine, Guitariste.com et tout le tralala). Bref rien de bien méchant, j’explique en trois lignes qui je suis et ce dont parle mon blog. Les filles dans le rock donc. Oula!!!!! Malheureuse! Que n’avais- je donc pas fait?!!!

Premier constat: les gens qui trainent sur ce genre de forum sont MAJORITAIREMENT des mecs, voire des geeks, donc pas forcément l’esprit ouvert à la cause girl power. J’ai donc eu droit à tous les clichés. De « ah les filles, elles savent pas jouer », à  » Derrière chaque petite femme, il y a un grand homme » (si si c’est vrai je vous assure, allez voir) ou pire « Alors les femmes ne servent pas qu’à faire la vaisselle ? Un mur est tombé. » (ok le gars voulait faire de l’humour, mais bon c’est pas drôle…) les commentaires sur ce forum ont complètement dérivé et les mecs en sont même arrivé à parler de l’épilation intégrale (non mais vous nous prenez vraiment pour des idiotes ou quoi?) et de la chatte de Debbie Harry (elle a quand même d’autres atouts…)

Voilà, je veux bien avoir de l’humour et tout et tout mais cela soulève quand même un point important. C’est tout de même bien difficile, quand on est une fille, de parler ou de faire du rock, et d’être réellement prise au sérieux. En témoigne ma petite expérience. Quand j’ai débuté et que je cherchais un groupe, j’avais fait la triste constatation que nombreux étaient les musiciens qui recherchaient une fille dans leur groupe, mais hélas, pas pour les bonnes raisons. Certes, la fille est un beau faire valoir extérieur, mais cela a pris beaucoup de temps avant que je trouve des personnes qui respectaient vraiment ma créativité et mon statut de musicienne (parce que souvent, la chanteuse n’est pas vraiment considérée comme telle, comme si le chant, c’était inné, et la voix, absolument pas un instrument…).

Bref, tout ça pour dire, y en a marre, et il serait temps que les choses changent un peu. Car oui, nous aussi on a le droit de gueuler, de vomir, de se faire violence et de vous malmener sur une scène. Non, les filles ce n’est pas fait que pour être jolie, bien propre et bien sage. N’en déplaise à la plupart des magazines féminins, nous ne sommes pas toutes des poupées superficielles et décérébrées. Nous n’avons pas toute envie de ressembler à Paris Hilton ou Kate Moss. Nous ne sommes pas toutes vénales, vulgaires et branchées. Y en a marre de ces modèles archaïques et machiste. On a le droit d’être libre, cultivée, moche ou belle, poilue, revêche ou rebelle, séductrice ou pas, looseuse, bref, on fait ce qu’on veut et personne n’a le droit de nous imposer quoi que ce soit. Si ça vous dit, y a le bouquin de Virginie Despentes « King Kong Theorie », qui parle un peu de tout ça. Les diktats, le rôle de la femme dans la société…C’est quand même important d’y réfléchir quelque fois (et pas qu’une seule fois par an, avec la « journée de la femme »…)

10
mar
2010

ça y est, c’est officiel, enfin une date de prévu pour aller admirer ou jeter la pierre à cette bonne vieille Courtney. Ce sera le 17 Mai au Bataclan. La sortie de l’album « Nobody’s Daughter » est annoncée le 26 et 27 avril et le premier single, « Skinny Little Bitch » est d’hors et déjà en écoute sur leur myspace
Myspace.com/hole

Bon, comme on pouvait le craindre, grosse prod, gros son, un peu trop propre à mon goût. Malheureusement plus proche de « Celebrity Skin » que de « Live Through This », mais Courtney est toujours là, avec tout son charisme déjanté, sa voix crasseuse et ses textes écorchés et engagés, donc rien que pour ça, j’attend la suite de pied ferme en espérant entendre des morceaux un peu plus rock’n'roll et dangereux…

8
mar
2010

Snif, snif, encore une nouvelle déception! Décidément les punk girls des années 2000 ne tiennent plus la route. Après le très mauvais album des Yeah Yeah Yeahs sorti l’année dernière, dans lequel les trois new yorkais avaient perdu toute leur fureur et leur classe ébouriffée, la bouse électro-punk de Gossip (la faute sans doute à un Rick Rubin trop propre sur lui) qui cartonne pourtant partout dans le monde et qui passe même sur NRJ…c’est le tour de Jemina Pearl, fantastique front woman des géniaux Be Your Own Pet, qui nous sort un album solo indigne de son immense talent de punk girl déjantée. Pourtant signé sur le label de Thurston Moore de Sonic Youth, Ecstatic Peace, (ce qui aurait du être un gage de bon goût), et malgré plusieurs featuring prestigieux (Iggy Pop, Thurston Moore), l’album ne décolle pas et se contente d’imiter bêtement Blondie (les tubes en moins). Pire que tout: Jemina a appris à chanter et c’est moins bien! Laissant son costard punk irrévérencieux au vestiaire, elle vient jouer les jolies et ennuyeuses poseuses pop. A certains moment, on croirait même entendre l’infâme Avril Lavigne (sans les tubes, aussi mauvais soient-ils). Bref exit la barbie girl sous amphèt’ qui illuminait Be Your Own Pet et nous redonnait la joie de vivre et de croire au renouveau du garage punk version girl power, voici la nouvelle Jemina, mauvaise copie de Debbie Harry, bien trop sage et propre sur elle pour être honnête. Même la pochette de son album craint:

Pour nous consoler, il nous reste toujours les deux excellents albums de Be Your Own Pet (BYOP pour les intimes), « Get Awkward » (2008, XL Recordings), dans le lequel on retrouvera, avec ravissement, les tubes dansant « Becky », et « The Kelly Affair », et aussi leur premier brulôt éponyme, génial disque de garage punk adolescent, insolent et violent, sorti en 2006 également chez XL. Ils avaient 18 ans, s’étaient tous rencontré au lycée, c’était drôlement frais et revigorant, ça faisait penser à plein de trucs (Blondie, Buzzcocks, Boss Hog, Runaways…) ça jouait vite, fort et bien. ça avait grave la classe et pas trop le melon. Et puis surtout, ça ne se prenait pas au sérieux! On pleurera donc, en écoutant les morceaux chics et explosifs de ces natifs de Nashville, qui font tout sauf de la country conservatrice, et qui nous ont fait croire que les Yeah Yeah Yeahs avaient des cousins planqués dans le Tennessee…

ici en live:

ici les clips: