So Was The Sun « Plastic Gun Fight »

So Was The Sun

Depuis six ans maintenant, le trio parisien So Was The Sun, mené par Palem poursuit son chemin sur la route semée d’embuche du rock’n’roll en France, avec une sincérité et une énergie jamais démentie. Bien dans ses baskets, à l’aise avec son style et ses influences, Palem, en bon enfant des 90’s, continue d’assumer ses compositions de l’ère post-grunge entre stoner rageur et lyrisme pop anglais. Et c’est plutôt réconfortant, tant on voit souvent les groupes valser au gré des modes et des saisons, certains ne résistant à l’appel des sirènes… Malgré des changements de line-up à répétition, So Was The Sun n’a pas changé de cap. Palem tient la barre envers et contre tout et à l’écoute de ce nouvel Ep “Plastic Gun Fight”, il se bonifie même avec le temps.

So Was The Sun « By Far The Worst / In Memory Of The Milk »

Ce n’est pas toujours évident de parler d’un groupe que l’on connait un peu. Que l’on suit depuis ses débuts, avec qui on a partagé la scène. Qu’on a vu éclore, grandir, progresser et devenir aujourd’hui cette petite boule d’énergie et d’émotion. Pas toujours facile d’être objectif, d’avoir un avis limpide et tranché. On les soutient. On les affectionne. On est forcément heureux de les voir passer à la vitesse supérieure.

« Dead Submarines » de So Was The Sun

Difficile d’être totalement objective quand on balance dans sa platine le disque d’un groupe que l’on connait un peu, dont on apprécie la démarche, les influences, le discours, avec qui on a même eu l’occasion de partager la scène. Bref un groupe qu’on a envie d’aimer.

Parce qu’il faut bien dire que je partage avec eux cet amour (nostalgie?) de la scène grunge de Seattle, avec évidement tout ce que ça inclut aussi comme influences antérieures (de Black Flag aux Pixies). Voilà donc dans cet Ep 8 titres intitulé « Dead Submarines », des réminiscences de Nirvana & co, pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que le rock’n’roll nous sépare. Parfois ça fonctionne plutôt bien dans le genre clin d’oeil touchant (« May For Years »), à d’autres moment c’est un peu plus gros sabot (« Wish You Were Not Here »), voire Foo Fightersien (« It Serves You Right »). C’est tout de suite moins ma tasse de thé… Quelques écarts stoner du genre Kyuss sur « A New Organ », qui rappelle que Palem, à défaut d’être Kurt Cobain au chant, est quand même un sacré riffeur, et c’est déjà pas mal. Sur la fin, So Was s’acoquine même avec le côté harcore de la force (« Monography »), et Palem s’en sort étonnement presque mieux que quand il se mesure vocalement à Cobain & Dave Grohl (en même temps la barre est un peu haute…). Du côté des grattes, les 8 titres, même si ils sont parfois inégaux, regorgent de bonnes idées guitaristiques, de petites trouvailles soniques piochées un peu partout dans une culture indé bien garnie.

« A New Organ » premier extrait de l’album de So Was The Sun, disponible en écoute!

Des news des amis de So Was The Sun, qui après avoir publié un sympathique premier Ep oscillant entre noise et pop lyrique, s’apprêtent à sortir un album intitulé »Dead Submarines ». Avant l’impact prévu le 8 septembre, le groupe offre d’ores et déjà un titre en écoute sur le net, « A New Organ » qui annonce un virage stoner bien vélu,

So Was The Sun: noise vs pop lyrique

Une fois n’est pas coutume, c’est un groupe mené de front par un leader masculin sur lequel je me penche aujourd’hui (le rôle de rebel girl est ici endossé par Mai Lan Hoang, bassiste de son état). C’est donc Palem Candillier, l’homme aux multiples projets, qui mène la barque. Très investit sur la scène parisienne, Palem ne se contente pas d’être le chanteur des remarqués Bree Van DeKamps (fondé sur les cendres du groupe Guinea Pigs). Il a fondé un label (Gone Paris Gone), anime une émission nocturne sur Radio Libertaire (Les Rendez Vous Soniques), publie des chroniques sur le webzine Visual Music, et réalise même des clips avec sa boîte de prod’, ParhelProd. Entre tout ça il trouve même du temps pour son projet solo, So Was The Sun (mais comment fait-il?)…