14
mar
2012

Ah les années 2000…Malgré tout ce qu’on peut, parfois à juste titre, leur reprocher, elles ont tout de même permis l’émergence une nouvelle vague de filles en pétard, qui s’inspiraient autant du punk 70’s, que du garage 60’s, le tout dans un joyeux bordel post punk déglingué et carrément réjouissant. Dans le meilleur des cas ça donnait donc Yeah Yeah Yeahs ou Be Your Own Pet. Et si Jemina Pearl s’est depuis pris les pieds dans la pop un peu trop soupe au lait, je n’attend personnellement plus grand chose de la pourtant si prometteuse Karen O, mais enfin les amis, ce n’est finalement pas si grave car ces dames là ont laissé la place à leurs petites soeurs et ce n’est finalement pas plus mal.

A Paris, c’est donc les joyeux Hulawhy qui décident de prendre la relève avec la sortie de leur premier Ep (j’en ai reçu un « homemade », la classe!). 5 titres à l’énergie communicative qui puisent autant dans le son post punk/psyché/barré (B 52’s, Talking Heads…) que dans l’esprit de la scène de New York 70’s (Richard Hell, New York Dolls….), avec aussi un petit coup de rétro au pays du garage (esprit de la pop es-tu là…)

Du bon côté de la force, les 4 parisiens s’en donnent donc à coeur joie à grand coup de riffs joyeux, soutenus par une session rythmique rentre dedans et sacrément efficace (mention spéciale à la basse dansante façon Tina Weymouth). Mais si le groupe parvient à faire chavirer nos coeurs c’est surtout grâce au charisme irrésistible de la voix de sa chanteuse (la jolie Nabiha), une petite bombe d’énergie qui n’a rien à envier à ses aînées, et qui doit sans nul doute tout dégommer en live. Fun, furieuse et sexy, sa voix (mi ange/mi garce) emmène le groupe danser du côté de la pop qui refuse de se prendre au sérieux et donne envie de taper du pied. Marrante, cultivée et taillée pour le dance floor (« Coconut », « Domestically »), la pop/punk de Hulawhy, pile poil dans l’air du temps, se trouve être le remède idéal contre la morosité ambiante, pas étonnant donc qu’ils aient déjà été repéré par le label Platinum qui les fera jouer le 24 mars prochain aux Mains d’Oeuvres à St Ouen.

Affaire à suivre donc…

13
fév
2012

Il y a des groupes comme ça, dont on ne peut s’empêcher d’être terriblement jaloux. Parce qu’ils ont à peu près tout: le son, le look, l’attitude, l’indépendance, la classe et surtout des chansons imparables. Profondément punk, irrésistiblement pop. Mad River a tout compris.

Loin, très loin devant la concurrence, Mad River sort ainsi son deuxième album « Shining », 4 ans après « Lonely Are The Brave ». Toujours aussi sauvage et indomptable, le trio balance un sans faute: 11 titres de rock cultivé et inventif, servi par un sens inné de la mélodie pop et porté par le charisme de ses deux leaders: Kim Ohio, chanteuse/furie, dont la voix insolente rappelle souvent l’énergie de Karen O (des débuts), et Fabrice, guitariste/mélodiste incisif au jeu subtil et souvent renversant. Derrière ce bel habillage pop moderne (certains diront « post-punk »…) Mad River expose des textes poétiques et engagés, offrant la vision d’un monde chaotique (« Hollywood Babylon ») avec un regard désabusé (« Hello Yellow », « Gold Into Lead »).

En bon magicien de la pop, Kim et Fabrice transforment ainsi tout ce qu’ils touchent en or, et grâce à de formidables trouvailles mélodiques (de voix, d’orgue et de guitare) chaque titre (ou presque) devient un tube. Malins, ils se servent de la britpop pour parler écologie (« Hello Yellow ») ou même d’une bien jolie comptine (incroyable « Shining ») au refrain implacable. Ils passent du coq à l’âne sans jamais se perdre de vue (du punk « Plastic Glance », dans lesquels Kim chante comme Iggy Pop époque Stooges, au riff Led Zeppelinien d’ »Hollywood Babylon »). Pas le temps de s’ennuyer tout au long de cet album riche en référence qui replace la pop, la vraie, au centre de la cause punk. Car ces temps ci, on l’oublie un peu trop souvent: mais la mélodie, c’est le nerf de la guerre. Car finalement, que trouve t-on derrière l’attitude et le son des vieux Buzzocks, Damned,Ramones ou Sex Pistols? Une p*** de chanson pop! Et quel est ce courant des 60’s que les rock critics appellent communément le garage (et qui est aujourd’hui un terme fourre tout utilisé à tort et à travers)? Ni plus ni moins que de la pop. De la vraie. De belles mélodies accrocheuses. De sacrées tubes en puissance. C’est dans ce sillon là que se situe les trois amis de Mad River.

Car tout au long de « Shining », on pense à plein de trucs cool: Buzzcocks, Be Your Own Pet (« Your Happiness »), Yeah Yeah Yeahs, Blondie, Blur, et même les Strokes sur le très beau « Guaranteed » (mon morceau préféré). Rien à jeter. Tout est bon. C’est même presque trop court.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

18
avr
2011

Derrière ce patronyme rigolo et sans doute pas très sérieux, se cache un sacré petit groupe de rock’n’roll à l’énergie communicative qui débarque, dans le paysage morose du rock hexagonal, avec l’envie furieuse d’en découdre. Et je ne vais pas m’en plaindre ! Leur premier Ep « We Are The Shifoomies Band » est une bonne petite claque d’introduction à l’univers du groupe, qui donne envie direct de foncer les voir en live, dégommer la scène, à coup de gros riffs 70’s et de sourires coquins.

Car les Shifoomies (damned !!! ce nom…), ont (presque) tout compris à la bonne vieille recette du rock’n’roll de papa Zeppelin et oncle MC5 : quelques bons gros riffs de guitare, une session rythmique qui balance, une voix sexy, et le tour est joué. Ça joue fort, ça joue vite. Ça sent la sueur, le sexe, le rock jouissif, impulsif et bandant. C’est bourré de clin d’oeil, de clichés, de rage, d’envie, de trucs fun et un peu maladroits, qui rendent ce rock’n’roll là vraiment touchant, vraiment attrayant. Car les 5 potes d’Annecy ont été élevé au biberon du rock’n’roll à l’ancienne, mes amis, une espèce quelque peu en voie de disparition ces temps –ci. Ils le revendiquent haut et fort, ne font pas dans la dentelle, balance la sauce sans rougir, avec un peu d’humour, et beaucoup, beaucoup d’énergie.

Meilleurs quand ils groovent (« All Becomes Black », « Listen To It ») que quand ils solistent (la fin de« Stronger »), les Shifoomies ont eu surtout l’excellente idée de pousser une sacrée rebel girl sur le devant de la scène. C’est donc la jolie brailleuse Fanny, qui tient la baraque des boys déchainés. Sa délicieuse voix sexy n’est pas sans rappeler cette tigresse de Jemina Pearl (Be Your Own Pet) dans ses meilleurs jours, ou même à l’occasion l’impeccable Juliette Lewis (and the Licks). Miss Fanny, ne feint donc pas sa joie de pouvoir éructer au sein d’un bon rock’n’roll band à l’ancienne, et ça se voit. Gros point fort du groupe, cette fille là a un sacré potentiel et nul doute que sur scène, la demoiselle ne doit pas manquer de charme, de rage et d’énergie. Car oui messieurs, le rock (n’en déplaise à certains) est devenue aujourd’hui une histoire de fille, seul moyen, à mon sens, d’échapper aux stéréotypes du genre (le rock couillu). Donc, quand une jeune fille en furie se charge d’envoyer la sauce au sein d’un combo en chaleur, ça donne forcément autre chose que des ressucés de Zep, Stooges, Mc5 et autres Sabbath. Personnellement, j’en redemande !

Alors bien sûr, les Shifoomies sont (très) jeunes et ça se voit. Leurs 5 titres furieux (à écouter bien fort) ne sont pas exempts de petits défauts (couacs de batterie, solos de guitare pas toujours de bons goûts, morceaux qui se perdent parfois dans des structures sinueuses malgré de bonnes idées), mais les Shifoomies sont tellement remontés à bloc, sauvages et brutaux, qu’ils nous font très vite oublier ces petits écarts (après tout ce n’est que leur premier Ep !), en témoigne ce titre vraiment génial, groovy, sexy, félin qui porte très bien son nom « Tiger ». Rien que pour ça, les gars, la fille, je vous tire mon chapeau, parce que du rock exécuté comme ça, avec classe, humour, rage et énergie, dans notre paysage rock, peuplé de poseurs modeux et hideux, ça fait sacrément du bien!
A quand la suite?