22
nov
2010

Quand on jette un coup d’oeil dans le rétro de ce qui a fait l’actu indé, ces derniers mois, difficile de ne pas remarquer le retour d’une vague de girlband d’allure spectorien, à l’esprit dream pop éthéré (on est en 2010, les amis, fini la révolte riot grrl des 90’s, bienvenue la crise et la déprime…) Après le shoegaze des Dum Dum et des Vivian Girls, la dream pop rétro de Frankie Rose and The Outs, et la pop bubblegum de The Like (les plus rigolotes), on entend donc parler un peu partout de l’art rock branché de Warpaint.

Au coeur de la hype, quatre jeunes et jolies californiennes: Emily Kokal (chant/guitare), Theresa Wayman (guitare/chant), Jenny Lee Lindberg (basse/chant) et Stella Mozgawa (batterie). Album sorti chez Rough Trade, couverture du NME, chroniques élogieuses un peu partout, tournée avec The XX, et en France le festival des Inrocks, j’en passe et des meilleurs, les filles ont aussi pas mal de détracteurs (signe d’un vrai buzz qui fonctionne). Parrainées par John Frusciante des Red Hot (accessoirement ex boyfriend d’Emily, la chanteuse…), qui avait mixé leur excellent premier Ep « Exquisite Corpse » (gros buzz en 2009), les filles bénéficient donc d’une côte arty indéniable, rapidement irritante.

Mais derrière ce visage glamour et branché, Warpaint, ça donne quoi?

Je l’avoue, on est vite scotché par la maîtrise et la complexité des morceaux post punk psychédélique du quatuor. Ethéré, glacial, « Set Your Arms Down », invoque les fantômes précieux de Cocteau Twins, et on sait tout de suite qu’on a pas à faire ici à un énième groupe minimalisto punk (The XX…).Voix aériennes, fantômatiques, basse au groove plombé à la Joy Division. On est ici très proche de l’esprit Siouxsie vs Pink Floyd de Bat For Lashes, que la douce voix d’Emily et le psychédélisme latent des guitares font plus qu’évoquer. Le travail du son, précis et original tend donc vers une new wave 80’s, quand celle ci avait fière allure, derrière les apparats goth, à l’âge d’or du label 4AD (This Mortal Coil et consoeurs).

« Warpaint » second titre, qui donne des frissons, sonne comme la rencontre batcave entre Johnny Marr des Smith et Cat Power (avant sa cure). Les jolis choeurs féminins éthérés, qui évoquent leur copines de Vivian Girls, viennent relever le tout, et l’album se perd ainsi entre ballades rêveuses et fièvre psyché. Plutôt osé pour l’époque, les filles refusent tout compromis. Exit la pop facile, ici point de tube (hormis peut être « Baby » très jolie ballade acoustique que n’aurait pas renié Chan Marshall), la musique de Warpaint est planante, intellectuelle, complexe, « arty ». (on comprend alors les détracteurs) mais possède un charme sauvage et sexy assez particulier, qui la rend terriblement attachante. Malgré quelques passages moins réussis (« Majesty » et « Bees », un peu trop branchés electro pour la petite rockeuse que je suis), « The Fool » se revèle être un album envoûtant et assez captivant (à condition d’aimer l’hiver, la dream pop vaporeuse, Cure, les Smith et The Dark Side Of The Moon…!)

ici, le clip d’ »Undertow »:

16
nov
2010

Une bonne occasion de découvrir en live, le folk rock tranchant et minimaliste de Jesus Is My Girlfriend,inspiré par Pj Harvey ou Shannon Wright, accompagné des excellents Edgar Pilot, dimanche soir, aux Disquaires à Bastille.

10
nov
2010

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Six mois seulement après la découverte, plutôt renversante, de leur premier Ep éponyme, les 4 parisiens de Bloodthirsty Hippies remettent le couvert avec le diabolique « Behemoth Is Alright » (j’avais entre temps pu découvrir leur nouveaux morceaux grâce à des prestations scéniques bien rock’n'roll, voir mes précédents billets)

Ici, pas de temps mort, pas de chichi, les furieux hippies décident, avec « Behemoth Is Alright », de frapper plus fort, plus vite, plus loin. Aventureux, complexes, sans compromis, leurs morceaux s’écoutent à plein volume, les yeux fermés, dans le noir, immergé dans la folie furieuse, flamboyante et glaciale, de ce quatuor pas banal.

ça commence très fort, avec « Outta My Hand », quelques notes inquiétantes d’un clavier vintage qui sonne comme dans les 80’s et la voix de Lia, toujours troublante de sensualité retenue, élégante et glaciale. Puis le groupe s’emballe sans prévenir (sacré batteur!), et ce bon petit morceau post punk possédé par le diable, part dans un vrai trip psyché déroutant et détonnant. « Shoot » n’est pas en reste, la tension reste élevée et la température monte, Lia fait fondre la glace derrière l’effet disto de sa voix de Siouxsie impériale. Un vrai morceau d’ambiance, au riff minimaliste et obsédant, qui nous embarque assez loin. Puis « Blue Ink » est un sacré tube, presque pop, au refrain irrésistible, mais toujours bien dérangé. Car derrière l’effet psyché et leur folie furieuse (bien communicative), les Bloodthirsty Hippies, n’oublient jamais d’écrire de belles mélodies hantées et habitées. Et c’est là sans doute leur grande force. Se jouant totalement des genres et des conventions, les hippies tentent toujours d’emmener leur morceaux un peu plus loin, vers des terres inconnues, dans un grand charivari cannibale.

On se retrouve au pays des Banshees, avec « Down Down », inquiétant, intrigant, et ce clavier lancinant qui n’en finit plus de résonner. Puis l’étrange « Black Planet », seul morceau que je n’avais pas découvert en live, décalé, ravagé, les voix s’entremêlent, et se délient. La guitare hypnotique, vraiment inventive, fait ce qu’elle veut, c’est plutôt dingue, et vraiment réussi. Puis le final « Ashes Factory Production ». Alors voilà, ils ont bien raison de le placer là, c’est le meilleur morceau du disque. Tout l’esprit des Bloodthirsty, condensé en un seul titre. C’est rageur, décalé, ébouriffant, ça part dans tous les sens, mais ça ne perd jamais le nord. La folie maitrisée, contrôlée, et une mélodie vraiment irrésistible. C’est Suicide qui rencontre les Black Angels et font l’amour avec Siouxsie… Une nuit de folie infernale qui finira dans un bain de sang….

Sexy, tranchant, affriolant, « Behemoth Is Alright »: voilà l’esprit déglingué de ce groupe hors du temps, que je vous engage grandement à découvrir…

Happy Nightmare baby…

18
août
2010

Samedi 13 novembre, nous retrouverons nos potes punk de Spark Gap, pour une soirée comme à la maison, au CrossOver Studio, à Eragny.
Quelques surprises en perspective… Soyez là!