27
août
2010

© Rod – Le HibOO

Alors oui. Bien sûr. Hole ce n’est plus ce que c’était. Oui. Bien sûr, il ne reste de Hole, que le nom, et le charisme déjanté de sa leadeuse. Oui bien sûr, Courtney Love est critiquable. Oui, bien sûr, Miss World Grunge n’a pas fait que des chefs d’oeuvre, loin de là. Oui, bien sûr, « Nobody’s Daughter », malgré quelques bons titres, n’est pas l’album de la rédemption que l’on espérait. Oui bien sûr, Kurt Cobain, Frances Bean… Oui, oui, je sais tout cela. Mais malgré tout, j’ai quand même raqué 45 euros(!) pour aller applaudir l’idole de mon adolescence de rebel girl. Et oui les amis, on ne se refait pas…

Alors bon, Hole 2010, ça donne quoi?

Mieux que toutes les biographies du monde (celle de Poppy Brite est quand même très bien):le live. On comprend direct pourquoi Courtney fascine autant qu’elle rebute. Dès l’entrée de scène (en grande pompe, digne de Marie Antoinette) le ton est donné. Courtney envoie valser ses roadies, ignore son groupe un brin mollasson, fait sa starlette, mais attaque le show par un rageur « Pretty On the Inside », qui fait vraiment du bien. Rien à dire, Miss World n’a rien perdu de sa hargne. Sa voix, éraillée par l’âge, l’alcool, la clope, la dope, enfin tout ce que vous voulez, est pourtant intacte, puissante et terriblement touchante. Elle enchaine sur une reprise des Stones bien sentie, « Sympathy For The Devil », puis sur son nouveau hit, un peu fainéant, « Skinny Little Bitch », qui soulève la foule déjà moite. Jusqu’ici, tout va bien. Ou presque.

Entre les morceaux, Courtney blablate, raconte sa vie, pour le meilleur, comme le pire. Calculées ou pas, ses interventions font partie intégrante du show, et lui donnent une atmosphère chaleureuse, un peu bancale, comme si tout pouvait encore arriver. Derrière, le groupe, un peu fatigué, attend que la star daigne se mettre à jouer…

Alors voilà, on a eu des tubes, en veux-tu en voilà (« Malibu », « Violet », « Miss World », « Plump », « Celebrity Skin »…), pour faire plaisir aux fans, à nous les trentenaires (ou presque), punks vieillissant, qui sommes venus pour ça. Pour nous rappeler cette époque bénite, où l’on portait de grosses Doc Martin’s, et des bas résilles troués, en pensant qu’on allait refaire le monde. (sic)

Et puis de belles reprises aussi: un joli et très authentique « Take This Longing » de Leonard Cohen, (raillerie de Courtney qui veut nous apprendre qui est Leonard Cohen, en se moquant du succès de « Hallelujah »: « Enough of that, PLEASE! »). Mais surtout, un grand moment d’émotion à fleur de peau quand elle ose une version acoustique simplissime, mais sublime, du génial « Jeremy » de Pearl Jam. Personnellement, j’en avais presque les larmes aux yeux, tellement c’était sincère, entier et généreux. Bourré de défauts, mais tellement touchant, surtout quand on sait quel regard portait Kurt sur Eddie Vedder et Pearl Jam, et quand Courtney nous explique qu’elle écoutait ce morceau à longueur de journée quand elle était enceinte, et que ça rendait Kurt complètement fou… Voilà, tout est dit. Cette époque est belle et bien révolue, et personne ne nous y ramènera plus. Gros moment de nostalgie donc (pour nous autres les trentenaires….en même temps, pas beaucoup de « jeunes » dans la salle. Mais ce n’est pas très étonnant, à 45 euros la place…).

Après cela viendront quelques moments un peu moins mémorables (le mielleux « Honey », les deux versions poussives de « Dirty Girls Get Clean »), un « Doll Parts » FMisés (faut dire que le groupe, derrière, bien carré, joue plus comme le E Street band de Springsteen que comme un groupe de riot grrls…) forcément, ça change la donne. Mais le joli « Pacific Coast Highway » s’en sort quand même bien…

Et voilà, ce fut court mais intense. On en ressort lessivé. A la fois heureux et déçu. Comme si on venait de revoir une vieille copine un peu déglinguée, qu’on adore, mais qui ne peut s’empêcher de faire un peu n’importe quoi. Parce que c’est ça aussi Courtney Love (et c’est pour ça qu’on l’aime). Capricieuse, arrogante, énervante, fascinante. Malgré tous ses défauts de rock star pimbêche (en même temps, qui peut rivaliser?), on ne peut pas vraiment lui en vouloir. Niveau charisme, je ne trouve pas grand monde qui puisse lui arriver à la cheville. Pourtant, Miss World est scéniquement, plutôt fainéante (elle fait semblant de jouer de la guitare, elle oublie souvent les paroles, ou les mélange, ou les réinvente!). Mais pourtant, ça marche. Rien à dire. Elle est belle, sexy, vulgaire, magique, incroyablement puérile, aussi méchante que douce. Tour à tour Cendrillon et Marâtre. Petite fille candide, et vieille rockeuse blasée. Elle n’a pas besoin de grand chose pour attirer l’attention. Pas besoin de mise en scène. Pas besoin de performance. Pas besoin de jeu. Pas besoin de se rouler par terre. A peine besoin de sa voix.

Tout est dit. Tout est là.

Je n’ai plus qu’à aller me rhabiller….


© Rod – Le HibOO

© Rod – Le HibOO

23
août
2010

Rendez-vous au Point Ephémère, le 30 Septembre prochain pour découvrir, en live, le nouvel album lumineux de la cultissime Shannon Wright

Plus d’info, ici

22
août
2010

Vous le savez, le hasard fait parfois bien les choses… Il y a quelques temps, j’étais allée soutenir mes potes de Mad River, sur le dernier « concours » en ligne, Fred Perry/Les Inrocks, Mods 2010(!). Encore un truc où les dés sont pipés, où si tu n’as pas 15 000 amis prêts à voter en masse pour toi, tu n’as presque aucune chance de te retrouver parmi les finalistes… Mais passons (comme on dit, qui ne tente rien n’a rien).

Bref je me retrouve là, à voter trois fois de suite pour Mad River, j’en profite, au passage, pour faire un petit tour des groupes inscrits (pas vraiment « Mods »), retrouvant au hasard, d’autres amis rockers (Native Nothing, Sheeduz…). Et je tombe finalement sur une petite bombe à retardement, ce titre: « Poetic Fuckers », d’un groupe d’Aix en Provence, Rockett Queens. Là aussi, rien de très « Mods ». Mais plutôt un bon moment de rock’n'roll rocailleux, gouailleur, dans la grande tradition du genre (AC/DC, Guns’n'Roses, Rose Tattoo), emmené par une voix de brailleuse, nonchalante et sexy, façon Juliette Lewis.

Vraiment emballée, je m’empresse d’en savoir un peu plus sur ce groupe, et découvre qu’ils ont déjà pas mal roulé leur bosse sur scène, malgré leur jeune âge. Les vidéos, de bonne facture, donnent vraiment envie. ça envoie, c’est carré, puissant, rageur…

Un peu plus tard, je me retrouve avec le cd entre les mains, et m’empresse de faire crier ma platine…. « Poetic Fuckers », sonne d’emblée comme un hit en puissance, avec tout ce qu’il faut, là où il faut. Un batteur carré et puissant, un pied à la Phil Rudd, d’AC/DC, des guitares heavy, bien rock’n'roll et surtout cette voix. Coquine, rauque, sexy. Rien à dire, cette Miss là, a tout compris. Pas farouche, elle couine, braille, fracasse tout et tente de rivaliser, la tête haute, avec les plus grandes (Brody Dalle, Courtney Love, Joan Jett..). Respect.

Et ça continue sur « Slip Away » (intro à la Tool), un peu moins efficace, malgré de bonnes phases de guitares, et surtout de très bonnes idées de chant. Puis, « In Their Eyes » ressemble un peu à un morceau des Distillers, remixé par les Guns, période « Appetite ». C’est hargneux, railleur, un peu méchant. Certes, ce n’est pas encore « Welcome To The Jungle », mais tout de même quel potentiel!

Et puis voilà, l’autre tube: « Lost In A City ». Bien percutant et un peu facile, mais sacrément bien fichu il faut bien le dire. Un bon refrain accrocheur et entêtant, emmené par un chant revêche et mélodique.

Voilà donc quatre titres rageurs, racoleurs et bien efficaces (mais qui souffrent parfois d’une production un peu mollassonne) que nous propose ce jeune groupe un peu anachronique. Et bien oui, à l’heure du rock à mèche parisien, qui ferait presque bailler ma grand mère, les Rockett Queens from Aix, prennent le train à l’envers et nous emmènent avec eux dans un road trip à L.A, au coeur des racines du bon vieux heavy. Et même si ces Queens là n’inventent rien à la bonne vieille recette du rock’n'roll chevelu (hard rock pour ceux qui veulent), ça fait tout de même du bien d’entendre un jeune groupe, nous la rejouer aussi bien, avec autant de hargne, de fraicheur et d’énergie.

ci dessous, en live:

18
août
2010

Samedi 13 novembre, nous retrouverons nos potes punk de Spark Gap, pour une soirée comme à la maison, au CrossOver Studio, à Eragny.
Quelques surprises en perspective… Soyez là!