6
juin
2013
Album Review: Scanners « Love Is Symmetry »

Les Scanners sont quand même courageux. A l’aise dans leur boots de rockeurs, les quatres londoniens auraient pu se contenter simplement de nous rejouer la formule magique qui avait fait le succès de leurs précédents albums (« Violence Is Golden » en 2006, et le joli « Submarine » en 2010), à savoir un post punk à la fois glacial et lumineux, emmené par une voix troublante et attachante (Sarah Daly), mariage un peu incongru entre PJ Harvey et Joy Division. Carrément dans l’air du temps donc (en témoigne la côte des groupes cold wave d’aujourd’hui tel que The XX, The Horrors ou autres Savages…), les Scanners n’avaient qu’à suivre une route déjà toute tracée et personne n’aurait rien trouver à redire.

Au lieu de ça, les londoniens ont repris les choses en main, en enregistrant et produisant eux même leur troisième album. Résultat: le groupe, libéré des étiquettes et des modes, se permet de naviguer entre les genres et les codes du rock’n’roll, en offrant un bel album, intense, singulier et attachant.

Toujours aussi élégants, les Scanners n’ont pas besoin d’en faire des tonnes pour emballer et émouvoir: un bon riff à la Cure /Siouxsie (« My Streets Are Always In The Shade » qui n’aurait pas non plus fait tâche dans le premier New Order), une ballade folk lumineuse qui donne envie de mettre les voiles (« Mexico »), quelques notes electro bien senties (le tube « Control » ou le barré « When They Put Me Back Together They Forgot To Turn Me On », très Bowie époque Outside…), des morceaux post punk haletants (« I Couldn’t Help Myself ») ou un hymne à la contemplation (le très beau « State Of Wonder » gonflé de cordes et de choeurs à la Arcade Fire).

Emmené par la voix charismatique de Sarah, tour à tour caressante ou fiévreuse et empreint d’une douce mélancolie, Scanners n’a pas peur de perdre le contrôle et ose même des titres plus expérimentaux façon Brian Eno -en plus cool- (« Today Is The Tomorrow That They Promised Yesterday »). On oublie vite les titres un peu moins passionnants (« Side Effects », « A Smile On Both Your Faces »…), car au final le charme opère encore et toujours avec ce groupe terriblement attachant qui ballade son spleen lumineux au milieu d’une pop à la fois synthétique et charnelle qui n’a plus rien à envier aux maîtres du genre.

Scanners, « Love Is Symmetry », Dim Mak Records 2013



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